Ac 2, 14a.36-41 ; ps 22 ; 1 P 2, 20b-25 ; Jn 10, 1-10
Homélie du dimanche 26 avril 2026, 4e dimanche de Pâques, dimanche du « Bon Pasteur ». à l’occasion du baptême de Mathilde.
par l’abbé Gaël de Breuvand
Ac 2, 14a.36-41 ; ps 22 ; 1 P 2, 20b-25 ; Jn 10, 1-10
I – Jésus le bon berger
Je vous ai dit qu’aujourd’hui était un jour de joie, parce que nous baptisons et, dans la vie d’un prêtre et celle d’une communauté, c’est toujours joyeux, car je suis – humblement – l’instrument du cadeau de Dieu par excellence.
Que veut Dieu pour Mathilde ? Que veut Dieu pour toi ? Il veut ton bonheur et ta joie. Il veut notre bonheur et notre joie ! C’est pour cela qu’Il nous a créés. C’est pour cela qu’Il nous retrouve sur notre chemin de vie, qu’Il nous tient par la main et nous entraîne jusqu’au plus grand bonheur. Vous le savez, Jésus nous a montré que le chemin n’était pas forcément très confortable, très facile. Nous le savons déjà : des épreuves, nous en traversons souvent. Mais Dieu est là, Il est venu habiter avec nous. Dieu est venu remplir nos vies de Sa présence, Dieu est venu remplir d’amour nos vies. Jésus, aujourd’hui, se présente comme un bon berger et, vous le savez, un berger, ce n’est pas celui qui s’assoit sur son caillou en disant : venez me servir. Je pense que cela ne marcherait pas… Le bon berger est celui qui, sans cesse, est sur le pont pour éviter que sa brebis ne s’égare, pour s’assurer qu’elle mange bien, qu’elle dort bien, qu’elle est ‘confortable’. Le bon berger veut nous emmener sur les bons pâturages, comme le disait le psaume.
II – le bon berger est le modèle du troupeau
Ce Bon Berger, Lui-même a pris la position de la brebis, de l’agneau. C’est la lettre de saint Pierre, la deuxième lecture. Jésus non seulement est un berger qui veut prendre soin de nous, mais Il nous montre comment nous pouvons vivre. Je vous invite à relire cette deuxième lecture : c’est presqu’un peu écrasant… Cet agneau qu’est Jésus nous est présenté comme un modèle, pour que nous suivions Ses traces. Lui n’a pas commis de péché, Lui n’a pas dit de mensonges… Et voilà qu’Il est insulté ! Il ne répondait pas à l’insulte, dans la souffrance Il ne menaçait pas, etc. Quand on y réfléchit, comme modèle, cela nous paraît être au-delà de nos forces. C’est pour cela qu’Il nous fait cadeau de Sa vie, pour que nous puissions être connectés à Lui, que nous puissions vivre de Sa vie, à Sa manière.
Cela implique un vrai oui de notre part : c’est ce que va dire Mathilde quand je vais lui poser la question tout à l’heure : « renoncez-vous à Satan, renonces-tu au Mal ? » Elle va me dire « oui, j’y renonce » ; elle sera certainement aidée par ses parents, parrain, marraine, mais c’est son oui. Ensuite, je lui demanderai si elle adhère au Christ, si elle croit en Dieu : « crois-tu en Dieu, Père, et Fils et Saint Esprit, en Dieu qui nous aime ? » Là encore, elle répondra « oui »… Par le baptême, elle va recevoir la grâce, l’amour gratuit de Dieu qui va lui donner de vivre à nouveau, en vérité.
Elle a fait un choix libre, elle engage toute sa vie et, vous le savez comme moi, quand on a engagé son oui dans une parole, il faut le renouveler tous les jours. Ceux qui sont mariés voient bien de quoi je parle. Quand on est mariés, il ne suffit pas de dire : « je te choisis pour tous les jours de ma vie ». Il faut renouveler tous les jours ce oui. Quand on est baptisé, c’est pareil, Dieu s’approche de nous et demande : « est-ce que tu veux être Mon ami ? Je te veux comme Mon enfant ». Et nous sommes invités à répondre « oui, je veux être ton ami, je veux être ton enfant ».
III – Prière pour les vocations
Il est le Bon Pasteur, le Berger des brebis, Il est aussi notre modèle, la brebis parfaite, l’agneau parfait, et c’est bien pour cela qu’aujourd’hui, en ce quatrième dimanche de Pâques, qu’on appelle le dimanche du bon Pasteur, nous avons une attention particulière – d’ailleurs la quête est destinée à cela : prier pour les prêtres et les vocations. Parce que les prêtres ont les mêmes tentations que tout le monde : la tentation, c’est de devenir un mercenaire, un étranger, tel que le décrit Jésus, un voleur et un bandit. C’est une tentation, cela ne veut pas dire que cela arrive tous les jours, Dieu merci, mais cela arrive, et les prêtres ont besoin de prières : on prie pour eux, pour qu’ils se souviennent qu’avant d’être des pasteurs au nom de Jésus, ils sont des brebis… Plus largement, pasteurs, ce ne sont pas seulement les prêtres. Parmi nous, les parents sont des pasteurs pour leurs enfants – vous avez à être de bons bergers pour vos enfants – ceux qui ont des responsabilités dans la vie civile, dans les entreprises, sont aussi des pasteurs… Toute responsabilité, quelle qu’elle soit, fait de nous des pasteurs au nom du Christ.
Alors, demandons au Seigneur de venir habiter nos cœurs, de renouveler la grâce de notre baptême dans nos vies, de nous aider à renouveler notre choix libre. Oui, Seigneur, je veux Te choisir dans ma vie comme Premier, comme ami, comme père, comme frère. Oui, Seigneur, je veux chasser de ma vie tout ce qui est complicité avec le Mal. C’est ce que nous demandons aujourd’hui.