Tous saints : vous êtes les saints de France !

Homélie de la Toussaint par l’abbé Gaël de Breuvand,
le 1er novembre 2026.
Ap 7, 2-4.9-14 ; ps 23 ; 1Jn 3, 1-3 ; Mt 5, 1-12

I – Vous êtes les saints du Seigneur !

« Vous êtes les saints de France ». Vous êtes les saints d’aujourd’hui. C’était l’exclamation du pape au stade de France. C’est mon exclamation aujourd’hui, parce que notre pape a fait de la théologie, et il a bien fait de la théologie. Donc quand il nous appelle saints, ce n’est pas une question d’orgueil. Il ne nous vante pas.
Il ne nous dit pas juste ça pour nous faire plaisir. Non, car saint, nous le sommes. Ce n’est pas grâce à nous.
Dieu seul est saint. Dieu seul est saint. C’est pour ça qu’on l’appelle le trois fois saint.
C’est pour ça que tout à l’heure, on va chanter « Sanctus, Sanctus, Sanctus ». Dieu seul est saint, et il veut nous faire participer à sa sainteté. Et il a déjà commencé, à l’instant même où nous avons été baptisés. Nous avons été plongés dans son amour, et par le fait même, nous sommes saints.
Il nous veut ses enfants. C’était la deuxième lecture. Dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu. Dès maintenant, nous sommes saints. Donc c’est une bonne nouvelle. C’est une bonne nouvelle.
Alors maintenant, cette sainteté, il s’agit qu’elle se déploie, qu’elle s’accomplisse, qu’elle s’actualise pleinement. Là maintenant, dans mon agir, dans mon faire.

II – La sainteté du quotidien

Alors notre pape François a écrit beaucoup pendant son règne.
Et peut-être que le texte qui résonnera le plus – alors j’ai un amour particulier pour l’encyclique sur le Sacré-Cœur – mais je pense qu’un des textes qui résonnera le plus dans l’éternité, c’est ce petit texte qu’il a écrit qui s’appelle « Gaudete et exultate ». « Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse ». C’était dans 2016. C’était comme un petit mode d’emploi : Comment vivre la sainteté que Dieu nous a donnée ?
Et ce qu’il nous explique dans ce petit bouquin [que je vous invite à acheter, à lire en tous les cas. On le trouve aussi sur le site internet du Vatican], ce qu’il nous explique, c’est qu’accueillir la sainteté que Dieu nous donne, c’est un petit effort de chaque jour.
Il ne s’agit pas de faire des choses extraordinaires. Il s’agit d’accueillir l’amour du Seigneur en toutes les petites choses. Et alors ? Et alors on mettra notre cœur et ces choses-là, ces petites choses, deviennent extraordinaires.
Les mamans, elles le savent bien. Les papas aussi. Quand ils se mettent au service de la joie de leurs enfants, en faisant la cuisine, le repassage ou le ménage, ce n’est pas marrant. Et pourtant, si on le fait avec le cœur, un cœur donné, avec un cœur rempli d’amour, de fait, ça change tout. Ce n’est toujours pas très marrant, mais ça devient un acte d’amour. Les enfants aussi, vous savez ça. Quand il s’agit de rendre service, ce n’est pas toujours très drôle, mais si on le fait avec le cœur ouvert, eh bien ça devient un acte d’amour. Et ça fait que le monde va un peu mieux.

III – Prendre sa part dans le grand combat

Vous le savez, je ne vous apprends rien en vous disant que notre monde ne va pas très bien. Mais ce n’est pas d’hier, en fait. Aujourd’hui, on dit c’est horrible, il y a la guerre partout, c’est vrai. Ça se divise partout, c’est vrai.
Mais je pense qu’en 1941 ou 1942, ce n’était pas tellement marrant non plus. Et on pourrait faire tous les siècles, jusque… Depuis toujours, le monde ne va pas très bien. Et la seule manière que le monde aille mieux, c’est d’accueillir la sainteté que Dieu veut nous donner.
C’est d’accueillir cet amour. En fait, ce n’est même pas qu’Il veut nous le donner, c’est qu’Il nous le donne. C’est fait. La victoire est obtenue. Le Christ est déjà mort et ressuscité. Il a déjà vaincu la mort. Il a déjà vaincu le péché. Il s’agit que je le laisse gagner dans mon cœur. Comme le dit Saint Paul, il s’agit « que je complète en ma chair ce qui manque aux souffrances du Christ ».
Et ce qu’il manque, c’est mon oui. C’est Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus qui disait, qui commentait le texte du pape François, un petit peu à l’avance, « J’ai choisi l’amour du Seigneur » Ça se chante très bien d’ailleurs. « J’ai choisi l’amour du Seigneur en chaque chose ordinaire et je mettrai tant de cœur à les rendre extraordinaires. »

IV – Dans les sacrements, accueillir la sainteté de Dieu

Alors on a dit ça. On est bien d’accord. Nous sommes les saints de France. Nous sommes les saints du monde. Nous sommes là pour accueillir le don de Dieu et nous voulons le faire. Et on n’est pas très bon pour ça quand même.
Souvent on n’y arrive pas. Et c’est bien pour ça que Dieu ne se lasse pas de venir à notre rencontre. Dans quelques instants, nous allons communier.
Nous allons recevoir la sainteté de Dieu 100% pur jus. Rien d’autre que la sainteté de Dieu. Le corps du Christ. Le Christ tout entier. Dieu qui vient habiter nos vies. Pour que le mal sorte de nous et que nous ne laissions plus que l’amour. Il y a des moments où, de fait, le combat entre le bien et le mal dans notre cœur, il semble bien que le mal gagne. Et bien il y a un sacrement pour ça, le sacrement de réconciliation. On vient demander pardon à Dieu directement, dans un cœur à cœur. Et Dieu pardonne. Et notre cœur s’ouvre. Et il nous rend saints. Et toute cette histoire commence par le baptême. [s’adressant aux catéchumènes] Dans quelques mois, à la grâce de Dieu, vous serez plongé pleinement dans l’amour de Dieu.
Et vous ressortirez de là des saints. Ce sera le début d’une belle histoire. Alors elle a déjà un peu commencé cette belle histoire. Parce que Dieu vous aime. Mais vous pourrez pleinement répondre à cet appel de Dieu. Soyez des saints. Vous êtes les saints d’aujourd’hui. Soyez les saints de demain. C’est l’appel de notre Pape.

C’est aussi l’appel du Christ pour nous. Alors, tournons-nous vers Lui. Et humblement, petitement, répondons Lui. Répondons Lui : « Me voici Seigneur ». « Qu’il me soit fait selon ta parole ».

Et nous nous mettons à l’écoute à la suite de la Vierge Marie. Pour répondre à cet appel. Marie, vous le savez, elle est la première en chemin. Elle est la première sainte au sens plénier du terme. Il y a 76 ans, le 1er novembre 1950, il a été proclamé qu’elle était montée au ciel avec son corps et son âme dans son Assomption. Cela signifie que nous sommes nous-mêmes appelés à être pleinement saints de corps et d’âme.

Engageons-nous. Engageons-nous dans cette sainteté que Dieu nous donne.