Présentation du Seigneur au Temple

Aujourd’hui, je vais vous parler de trois choses.
La première, je vais vous parler de Purification, parce que c’est aussi le nom de cette fête du 2 février, la purification de la Très Sainte Vierge Marie. C’est le premier mot de l’évangile : « Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification ». Ensuite, je vais vous parler de la Présentation, parce que c’est aussi le nom de cette fête. Les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur.

Et enfin, je vais vous parler un tout petit peu de notre église, Notre Dame de Bellecombe, qui a été placée sous la protection de la Vierge Marie, sous le vocable de la Purification et de la présentation.

I – Purification

Alors purification, qu’est-ce que c’est ? Nous, on est un petit peu perdu, parce que quand on pense pureté, on pense d’abord à une pureté morale. Celui qui est pur, c’est celui qui a fait les choses bien, celui qui est impur, c’est celui qui a fait les choses mal.

Dans la tradition biblique, ce n’est pas tout à fait ça. Celui qui est pur, c’est d’abord une question rituelle, une question d’aptitude à célébrer le culte. Et donc, celui qui est pur peut célébrer le culte. Celui qui est impur ne le peut pas. Et c’est des aspects très concrets, très matériels.

Si j’ai touché un mort, je ne peux pas aller célébrer le culte, il faut que je sois purifié. Ça nous paraît clair, ça nous paraît évident, à part que cet exemple que je viens de vous donner nous donne tout de suite une petite notion de pureté morale, en fait. Sous-entendu, la mort c’est sale. Et un autre lieu qui rend impur, donc pas apte à célébrer le culte, c’est le sang. Et en particulier pour les femmes, le sang des règles et le sang de l’accouchement, qui rend impur. Et du coup, le sang c’est mal.

Eh bien, c’est juste se tromper absolument. Ce n’est pas ça du tout. En fait, dans la tradition biblique, le sang c’est au contraire le lieu même de la vie. La mort, c’est le plus sacré. Et finalement, l’accouchement, c’est quand même un miracle à chaque fois. C’est comme ça que le perçoivent les juifs.

Et en fait, si Marie a besoin d’être purifiée, c’est non pas pour passer d’un état de impur à pur, mais c’est pour passer d’un état de ‘trop sacré’ à pur. Elle ne peut pas vivre la vie commune de tout le monde parce qu’elle est trop près de Dieu finalement. Il s’agit de pouvoir rentrer dans la vie commune.

En fait, c’est intéressant parce qu’on a gardé cette notion de purification à la messe. A la fin de la messe, le prêtre purifie le calice. Ce qui était absolument sacré, qui était réservé et ne devait ne servir qu’au Corps et au Sang du Christ, devient un vase qu’on va pouvoir toucher et ranger.

De la même manière, – on n’y est pas tenu, on n’est pas obligé -, je purifie mes doigts à la fin de la messe. Ces doigts qui étaient réservés, que je garde serrés d’ailleurs, qui étaient réservés à toucher le corps du Christ, je vais pouvoir à nouveau m’en servir normalement.

La notion de purification, c’est cela. Et pour nous, c’est important parce que le 4 octobre 1897, lorsqu’on a dédicacé cette église, lorsqu’on l’a consacrée au Seigneur, on l’a placée sous le vocable de Marie, Notre-Dame, dans sa fête de la purification. C’est ce qui est représenté sur ce vitrail… Il représente la purification, la présentation de Jésus au Temple et la purification de Marie.

II – Présentation de Jésus au Temple

Deuxième thème, la présentation de Jésus. En fait, dans le Deutéronome, Dieu précise qu’il souhaite que tout premier-né lui soit offert.

Pourquoi ? Parce que lui, Dieu, nous a donné la vie. Et donc, puisque Dieu nous a donné la vie, il souhaite que nous lui la rendions. Oui, il est Père, Dieu est fondamentalement père, et il se donne. Et en fait, il veut nous apprendre à lui ressembler. C’est le projet.

« Dieu crée l’homme à son image et à sa ressemblance ». L’objectif de Dieu, c’est que nous lui ressemblions. Pour cela, il faut que nous agissions comme lui. Donc, Dieu se donne et il veut nous apprendre à nous donner aussi. Eh bien, la présentation de Jésus, c’est la dernière fois, on va dire, que dans l’Ancien-Testament, il y a un acte d’offrande d’un fils d’Israël au Père. Parce qu’après, Jésus s’offrira d’une manière absolument parfaite à la croix.

Et nous, nous sommes invités à nous connecter à la croix de Jésus pour être emmenés avec lui jusqu’au Père. Le Père se donne, il nous donne tout son être, toute sa vie pour que nous vivions. Il s’agit que nous nous répondions en nous offrant nous-mêmes.

Et on voit bien, dans cette présentation de Jésus, qui est un acte de l’Ancien-Testament, il y a déjà l’annonce de l’offrande parfaite : lorsque Siméon précise et annonce à sa mère que « cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera signe de contradiction et toi, ton âme sera traversée d’un glaive ». Marie nous est présentée comme celle qui va compatir, souffrir avec son fils dans une union parfaite.

En fait, à cet instant-là, elle offre son fils et elle ne le maîtrise peut-être pas tout à fait, mais elle est en train de s’offrir encore une fois tout entier au Seigneur. Nous sommes invités à l’imiter et c’est bien pour cela que notre église est dédiée à la Vierge Marie qui offre son fils et qui s’offre elle-même. Purification, présentation et donc une église.

III – l’église Notre-Dame de Bellecombe

Ce bâtiment, construit en 1897, était à l’époque l’annexe de la paroisse du Sacré-Cœur. Et puis en 1907, c’est devenu une paroisse autonome. Et aujourd’hui, c’est toujours une paroisse autonome, mais c’est le même curé que le Sacré-Cœur.

On a comme une petite boucle qui s’accomplit. Cette église, c’est un lieu de culte. En fait, vous l’avez entendu tout à l’heure, je le disais, voilà 40 jours que nous avons participé, manifesté, fêté la naissance de Jésus.

Nous sanctifions donc le temps par la liturgie. Et par la construction de nos bâtiments, de nos églises, nous sanctifions l’espace. En fait, dans nos vies, il s’agit que tout nous fasse penser à ce qui compte vraiment.

Et vous le savez, ce qui compte vraiment, ce n’est pas notre confort, ce n’est pas notre richesse, ce n’est pas notre pouvoir. Non, ce qui compte vraiment, c’est l’amour qu’on accueille et c’est l’amour qu’on donne. Et donc, quand on voit une église qui, avec son clocher, pointe vers le ciel, c’est comme s’il y avait quelqu’un qui nous disait « Hé, rappelle-toi, ce qui compte vraiment, c’est le ciel ».

Et ça se prépare aujourd’hui en aimant concrètement ceux qui sont là, près de toi. Cette lumière que vous allez ramener à la maison, c’est un peu cette idée. Dans cette église, au tabernacle, sur l’autel, Jésus rayonne.

Et en fait, il rayonne et il veut illuminer vos cœurs de telle sorte que vous-même soyez des lumières pour le monde. Quand nous passerons devant nos églises, rappelons-nous, elles nous disent sans cesse « Levez les yeux. Le Seigneur vous aime, il vous appelle, il vous attend, il vous envoie ».