Marie, mère de Dieu, maitresse d’Espérance

Jeudi 1er janvier 2026, 
Homélie de la solennité de sainte Marie, mère de Dieu.
par l’abbé Gaël de Breuvand
Nb 6, 22-27 ; ps 66 ; Ga 4, 4-7 ; Lc 2, 16-21

 I – Fils adoptifs de Dieu

 Saint Paul, dans la Lettre aux Galates, nous rappelle la raison pour laquelle nous nous réunissons en ce temps de Noël. « Dieu a envoyé son Fils né d’une femme, afin de racheter ce qui était soumis à la loi, pour que nous soyons adoptés comme fils ». Parce que le Verbe de Dieu, le Fils de Dieu depuis toute éternité, puisque ce Verbe s’est incarné en Jésus, nous sommes tous faits frères et sœurs de Jésus. Et Jésus étant Fils de Dieu, avec lui nous sommes fils de Dieu. Nous sommes fils adoptifs de Dieu.
C’est un titre de gloire.

Réjouissons-nous. Dieu nous aime tant qu’il veut faire de nous ses enfants. Et ses enfants… – c’est Saint Paul encore – « Tu n’es plus esclave, tu es fils… Puisque tu es fils, tu es aussi héritier ». Si nous sommes enfants de Dieu, nous partageons son projet, son dessein d’amour.

II – Marie, écrin souffrant.

Dieu veut que tout homme soit sauvé. Et bien nous, notre désir, c’est que s’accomplisse le projet de Dieu. Parce que nous serons peut-être les premiers à en profiter, évidemment.
Mais c’est bon pour nous, c’est bon pour les autres, c’est bon pour Dieu. Pour cela, pour que s’accomplisse cet événement de Dieu qui vient habiter notre monde, Dieu a choisi Marie. Il l’a appelée, on l’a médité il y a trois semaines lors de la fête du 8 décembre.
Il l’avait préparée comme un écrin précieux dans lequel il pourrait déposer la perle par excellence qui est Jésus. Et Marie comme écrin, elle va permettre à cette perle de venir habiter notre monde. Être Immaculée Conception, être Mère de Dieu, c’est un petit peu surprenant, mais ce n’est pas ça qui fait le mérite de Marie.

Ce n’est pas ça qui fait qu’elle est extraordinaire. C’est comme pour, je vous envoie à Lourdes, sainte Bernadette, ce qui est extraordinaire dans sa vie, ce n’est pas d’avoir vu Marie. Et on pourrait faire le tour de tous ceux qui ont reçu ces grandes grâces d’apparition ou d’événements particuliers dans leur vie. Non, ce qui fait la beauté, la grandeur de Marie, c’est que chaque jour elle a voulu suivre le Christ, elle a voulu recevoir la parole de Dieu dans sa vie.
Et c’était un choix qu’il lui fallait renouveler chaque jour. On l’a entendu cette semaine, on l’entendra le 2 février, la prophétie du vieillard Siméon : « tu auras le cœur transpercé par un glaive ». Oui, Marie a connu la souffrance et la douleur.
Et dans cette souffrance et cette douleur, elle n’a pas cessé d’aimer, de se laisser aimer, de faire confiance à la tendresse de Dieu. Est-ce que ça a soulagé sa peine ? Pas sûr. Quand on affronte les épreuves dans nos vies, on peut se savoir aimé, ce n’est pas pour ça que ça devient plus facile.

III- Marie guide dans l’Espérance

Mais, nous sommes aimés. Alors, aujourd’hui, prenons Marie en exemple. Lorsque les bergers viennent voir Marie et Joseph, ils voient ce nouveau-né qui leur a été annoncé, ils voient que c’est un bébé qui n’est pas plus extraordinaire que les autres. Ils racontent, ‘nous avons vu des anges et ils nous ont dit que ce bébé, il était le Messie d’Israël, il était le sauveur que nous attendions’. Et « Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur ». Voilà peut-être le lieu où nous sommes invités à imiter Marie.

Nous sortons d’une année jubilaire, dimanche se ferme la dernière porte sainte, nous sortons d’une année jubilaire dont le thème était « pèlerins d’Espérance ». C’est le thème que nous avait donné le pape François. Comment nourrit-on l’Espérance ? Eh bien en faisant ce que fait Marie, en retenant les événements et en les méditant dans son cœur.
En fait, l’Espérance, c’est une vertu, un don de Dieu qui vient s’inscrire, s’appuyer sur notre faculté de la mémoire. Puisque Dieu a fait des merveilles dans le passé pour son peuple, puisque Dieu a fait des merveilles dans ma vie, alors je sais que Dieu ne m’abandonne pas et que demain dans l’épreuve il sera là. Et Marie, eh bien vous le savez, elle va se retrouver au pied de la croix.

Son fils, lui, le sauveur d’Israël annoncé, il semble que tout est perdu. Elle est au pied de la croix, elle pourrait être dans le désespoir le plus complet, c’est bien ce qu’ont fait tous les autres. Les disciples sont partis en courant, il en reste un, péniblement.
Ils ont tous perdu l’espérance. Et Marie, elle, au pied de la croix, elle peut s’appuyer sur sa mémoire. Elle a médité tout cela, tous ces événements dans son cœur.
Et elle se souvient de Jésus, de l’ange qui est venu la visiter. Elle se souvient de Siméon, elle se souvient de la visitation, elle se souvient du recouvrement de Jésus au temple. Elle se souvient de tous les événements, les grands, les beaux événements de la vie de Jésus.

Et alors, en regardant son fils mourant sur la croix, elle peut se dire, ‘je ne sais pas comment ça va se terminer, mais je sais que Dieu est là’. C’est ça, la véritable espérance. La véritable espérance, ce n’est pas croire que ça ira mieux demain. La véritable espérance, c’est croire que même si ça ne va pas mieux demain, le Christ est là. Dieu est là avec nous.

Et il nous aime.
Et il nous appelle à aimer.