Homélie pour la solennité de l’Immaculée Conception, le 8 décembre 2025. Par l’abbé Gaël de Breuvand.
Cette fête de l’Immaculée conception que nous aimons tant, en particulier à Lyon… C’est l’un dogme, une vérité de foi, qui a été reçu et proclamé il y a un siècle et demi. En effet, il a fallu du temps pour recevoir cette Bonne nouvelle : Dieu a voulu, dans son immense bonté, se préparer une personne, l’ajuster parfaitement à son projet, pour que Lui-même puisse venir habiter au milieu de nous. Le mystère de Marie, c’est qu’elle est un écrin. Le plus bel écrin possible. Et comme tout bon écrin, il n’est pas là pour attirer l’attention sur lui-même. Ce qui compte, c’est la perle qui est dans l’écrin. Et la perle, c’est Jésus. Marie est un écrin : Immaculée Conception. Cela a été proclamé, à force de lire cette parole de l’évangile que l’on vient d’entendre : « Je te salue, comblée de grâce », ‘je te salue, pleine de grâce’, ‘Je te salue, toi en qui il n’y a pas de place pour autre chose que la grâce’. En Marie, Dieu a tellement voulu prendre toute la place, qu’il n’y a de place pour rien d’autres, et certainement pas pour le péché. Oui, elle a été Immaculée Conception, par un don absolument gratuit, – elle ne le mérite pas ! Personne ne mérite d’être sauvé. Personne ne mérite d’être Immaculée Conception –. C’est par l’amour fou de notre Seigneur que nous sommes sauvés. C’est par l’amour fou du Seigneur que Marie a été conçue immaculée.
I – La pente du péché
Que cela veut-il dire concrètement ? Nous avions un récit de la Genèse après qu’Adam ait mangé du fruit de l’arbre. Vous vous souvenez comment cela s’est passé : c’était le tentation : « Si vous en mangez, vous deviendrez comme des dieux ». Et en regardant le fruit, il avait l’air désirable, car il donnait l’intelligence et la capacité de devenir comme des dieux. En Adam, nous avons cassé la confiance qui nous avait été donnée. Nous avons mal usé de notre liberté : Oui, Dieu nous faisait confiance pour prendre soin de ce jardin et pour respecter l’unique règle qu’il nous avait donné. Non, nous avons préféré mettre la main sur le cadeau qui nous était fait. C’est cela le péché des origines. Ce péché originel que nous nous portons nous laisse à tous une blessure, qui nous attire vers le péché. Le péché… c’est moche ! nous avons tous cette intelligence-là que de savoir que se mettre en colère et tout casser, c’est moche ! Que de vouloir imposer sa volonté ou sa puissance sur les autres, c’est moche ! Que notre paresse, elle est moche ! Nous pourrions faire le tour de tous nos péchés. Il n’y en a pas un pour rattraper l’autre. Tout cela est moche, et pourtant, nous le faisons quand même. Après nous regrettons… mais c’est fait ! C’est ça la conséquence première du péché originel. Elle nous rend le péché relativement facile, plus facile que de faire le bien, que de se mettre au service de la joie des autres. Heureusement pour chacun de nous, cela n’est pas vrai en tout, il y a des endroits où nous sommes au clair. Mais nous avons tous un lieu où l’on n’est pas bon, pas à la hauteur. Et Dieu vous nous libérer de cet esclavage-là.
II – Libérés gratuitement, accueillons le Salut
C’est Jésus qui vient ! C’est Jésus qui nous libère, par sa mort et sa résurrection, par son grand oui à dieu. Il nous libère. Et sa croix domine l’Histoire et vient éclairer ceux de son temps, nous aussi aujourd’hui et ceux qui étaient avant. Jean-Baptiste est sauvé par la croix du Christ. Abraham est sauvé par la Croix du Christ, même s’il n’en a pas pleinement conscience. Mais c’est la croix du Christ qui le sauve. Le oui de Jésus. Et Marie ? Marie elle aussi est sauvée par la croix de son Fils. Elle est sauvée, libérée, purifiée de tout péché, à l’instant même de sa conception. Nous, ce sera au jour de notre mort. Finalement, elle est la première sur le chemin de la justification, sur le chemin de l’ajustement à Dieu. Elle ne l’a pas mérité. C’est un cadeau gratuit de Dieu. Comme pour nous, le salut est un cadeau gratuit. Concrètement, que cela signifie-t-il ? Que nous tous, avec Marie, nous avons à rendre grâce. Nous ne méritons pas d’être sauvés et pourtant, Dieu a tout donné pour notre salut. Merci Seigneur ! C’est le grand cri du Magnificat : « Le Seigneur a penché les yeux sur son humble servante ». Cette humble servante, cet humble serviteur, c’est nous tous. Nous sommes sauvés par Jésus, absolument gratuitement, même si nous ne le méritons pas, Il nous sauve. Notre liberté reste pleine et entière. Nous avons la possibilité de ne pas accueillir ce salut. Mais Il nous sauve. Alors aujourd’hui, rendons grâce, et donc, accueillons ce salut.
En entrant, vous êtes passés devant la crèche. N’hésitez pas, en sortant, à vous arrêter quelques instants. Parce qu’une crèche, vous le savez bien, ce n’est pas d’abord un acte culturel, c’est un signe. Et de fait, les laïcistes, qui ne veulent pas de crèches dans les lieux publics, ont raison, c’est dangereux une crèche. En ce moment, il y a une place vide pour Jésus. Cela nous fait penser à ce que doit être notre cœur : avec une place vide pour Jésus. Aujourd’hui, demandons au Seigneur de venir s’installer dans notre cœur, comme il s’est installé dans le cœur de Marie. Rendons grâce, accueillons-le et soyons dans la joie.