Par l’abbé Gaël de Breuvand,
En la Solennité du Corps et du Sang du Seigneur,
avec des premières communions d’enfants, d’adulte et des professions de foi.
Dt 8, 2-3.14b-16a ; ps 147 ; 1 Co 10, 16-17 ; Jn 6, 51-58
Dany, Raphaël, Paul, Édouard, Corentin, Gabriel, Constance, Margot, Maïwenn, Amaury, Gabriel. Et puis les 6 adultes qui sont là-bas au loin. Alizé, Louise, Camille, Rouckia, Simone et Juliana…. C’est le moment de vivre cette communion. Même pour vous, c’est une communion solennelle, officielle. En fait, toutes les communions sont solennelles. Mais ce qui est très important, c’est de se dire que quand nous communions, il faut que ce soit chaque fois une première communion. Chaque fois, c’est un événement extraordinaire qui s’accomplit !
I – le Chap. 6 dans l’évangile selon saint Jean : le discours du Pain de Vie
L’évangile qu’on a entendu, c’est la fin du chapitre 6 de l’évangile selon saint Jean. Si vous avez un petit peu de temps aujourd’hui, ou cette semaine, je vous invite à lire le chapitre 6 en entier. Dans ce chapitre 6, Jésus a fait une multiplication des pains. Du coup, la foule court derrière lui. C’est bien d’être ami de Jésus, parce que quand on est ami de Jésus, visiblement, on n’aura jamais faim ! Et Jésus leur dit : ‘vous êtes en train de chercher du pain de nourriture qui nourrit le corps, mais de la nourriture qui se perd, Moi, Je vous dis, cherchez le pain qui ne passe pas’. Alors les Juifs lui disent : ‘donne-nous de ce pain-là’. Et Jésus dit :’ ce pain-là, c’est le pain de la vie’. Et le pain de la vie, chez les Juifs, c’est une expression importante, qui veut dire la Parole de Dieu. La nourriture la plus importante pour l’homme, c’est la Parole de Dieu.
Et Jésus continue en disant : « Le pain de la vie, c’est Moi. » Alors là, les Juifs commencent à se dire : ‘ouh la, ce gars-là est en train de dire qu’il est la parole de Dieu ! C’est peut-être un petit peu exagéré, quand même !’ Et la conversation continue. Jésus continue en disant, ‘et puis, si vous voulez manger de ce pain de la vie – et c’est Moi le Pain de la Vie – il va falloir manger Mon corps, il va falloir manger Ma chair, il va falloir boire Mon sang’. Et c’est le passage que l’on vient d’entendre. La réaction de la foule, c’est de dire : ‘comment est-ce qu’on pourrait manger Son corps ? Comment est-ce qu’on pourrait boire Son sang ? Est-ce qu’il faudrait que l’on devienne cannibales ?’ Et la foule commence à récriminer, ils ne sont pas d’accord.
On pourrait penser que Jésus va dire que c’est une façon de parler : ‘ne vous inquiétez pas, vous n’allez pas vraiment manger mon corps’. Eh bien ce n’est pas ce que fait Jésus. Jésus leur dit, c’est ce qu’on a entendu, « Amen, si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas la vie en vous. » Et Jésus insiste lourdement : « Celui qui mange Ma chair et boit Mon sang demeure en Moi, et Moi Je demeure en lui. » ‘C’est cela le vrai pain descendu du ciel. C’est Mon corps et Mon sang que vous mangerez et que vous boirez’.
On s’est arrêté ici, dans la lecture. Mais en réalité, cela continue encore un petit peu. Que se passe-t-il ? Eh bien, la foule des gens qui le suivent, Ses disciples, se disent : ‘cette parole est un peu trop dure. Ce n’est pas possible. Nous, on ne veut pas être cannibales, donc on s’en va’. Et Jésus les laisse partir. Il les laisse tellement partir qu’Il se tourne vers Ses disciples, les douze, vers les apôtres, et Il leur dit « Et vous, vous aussi vous allez partir ? » Et c’est Pierre qui répond : « Nous restons avec Toi, parce que c’est Toi qui es le Pain de vie, c’est Toi qui as les paroles de la vie éternelle, c’est Toi le sein de Dieu. » C’est intéressant, tout ça !
Jésus nous a donné le mystère de l’Eucharistie. Il nous a dit ce que c’était que ce petit morceau de pain, ce petit peu de vin. Tout à l’heure, la Parole de Jésus va être prononcée sur eux : « Ceci est mon corps. Ceci est mon sang. » Et à ce moment-là, il va y avoir un changement extraordinaire ! Ce ne sera pas une’ transformation’, parce qu’avec nos yeux, on verra toujours la même chose. On verra toujours un petit morceau de pain, on verra toujours un peu de vin, ça aura le goût du pain, le goût du vin, ça aura l’odeur, tout pareil, rien ne changera. Apparemment. Mais le changement qui se passe, c’est que ce pain ne sera plus du pain, ce sera le Corps du Christ. Ce vin ne sera plus du vin, ce sera le Sang du Christ.
II – La petite souris et l’Eucharistie
Je ne sais pas si vous connaissez Mauricette. Non ? Mauricette, c’est une petite souris qui habite cette église. Et comme toutes les petites souris, quand elles se promènent dans l’église, elles cherchent des petites choses à grignoter. Et il se trouve que parfois, moi, je suis très maladroit et parfois je fais des choses qu’il ne faut pas faire – c’est interdit de faire ça – mais il m’est arrivé une fois de faire tomber une hostie qui était consacrée. C’était l’Eucharistie, elle a roulé et elle s’est glissée derrière l’autel.
Et donc Mauricette, notre petite souris, elle est venue grignoter cette hostie.
Qu’est-ce qu’elle a grignoté ?
Elle a grignoté le Corps du Christ, oui. Parce que la Parole de Jésus est efficace. Ce petit morceau de pain n’est plus du pain, c’est le Corps du Christ. La souris a grignoté le Corps du Christ. Alors rassurez-vous, ça n’a pas fait de mal à Jésus !
Mais il y a une deuxième question : est-ce que cette souris, est-ce que Mauricette a ‘communié’ ? Non, elle n’a pas communié. Parce que si pour ‘manger le Corps du Christ’, il suffit de Le manger, pour ‘communier’, il faut y mettre notre cœur. Il faut y mettre notre intelligence. Il faut y mettre tout ce que nous sommes. Et la souris ne sait pas faire ça !
Mais vous, vous pouvez. Vous, vous pouvez mettre votre cœur ; vous pouvez mettre votre intelligence ; vous pouvez mettre votre volonté ; vous pouvez mettre tout vous, quand vous allez tout à l’heure communier. J’espère bien que vous ne serez pas des petites souris. Vous n’allez pas grignoter Jésus. Vous allez ‘communier’, entrer dans un cœur à cœur avec le Seigneur.
Un tout dernier mot, c’est ma conclusion.
Tout à l’heure, je vais prendre ce pain, je vais prendre ce vin, et je vais répéter les mots de Jésus. Ces mots où Il dit : « Ceci est Mon corps donné pour vous. Ceci est mon sang donné pour vous. » C’est Jésus qui le dit. C’est Jésus qui l’a fait et qui l’a accompli.
C’est ce que signifie le tableau qui est là. Vous pourrez vous approcher tout à l’heure. Regardez ce tableau. C’est un beau cadeau qu’on m’a fait pour mes dix ans d’ordination. C’est un commentaire de l’Eucharistie. Avec à droite le panneau – pour vous, à gauche -, qui représente les noces de Cana. Lorsque Jésus a changé cette eau en vin. Il a donné la joie de l’amour à ce couple. Au milieu, c’est la Cène, lorsque Jésus dit, justement, « Ceci est Mon corps, ceci est Mon sang pour vous. » Avec au fond, on voit une image de la Croix et une image de la Résurrection. Et puis l’autre panneau, le panneau de gauche, c’est celui-ci : lorsque nous serons au ciel, réunis autour de l’Agneau immolé, réunis autour du Christ ressuscité. Ça, c’est l’Eucharistie. Jésus nous dit, « Ceci est Mon corps » et Il nous donne vraiment Son corps. Il meurt sur la Croix, Il Se donne dans l’Eucharistie.
Mais cette parole, « Ceci est Mon corps », il s’agit que chacun de nous, nous la reprenions à notre compte. Que les époux disent à leur femme : ‘mon corps pour toi, ma vie pour toi’. Que les femmes disent à leur époux : ‘mon corps pour toi, ma vie pour toi’. Que les parents disent à leurs enfants : ‘mon corps pour toi, ma vie pour toi’. Que les enfants disent à leurs parents : ‘mon corps, ma vie pour toi’. Que les amis disent aux amis : ‘mon corps, ma vie pour toi’. C’est ça, la vie chrétienne. Donner, tout donner, pour la joie et le bonheur de ceux qui nous entourent. Aimer et se laisser aimer.