4e dimanche de Carême : laisser passer la lumière

Homélie du 15 mars 2026, 4e dimanche de Carême, ‘Laetare‘.
Par l’abbé Gaël de Breuvand
1S16, 1b. 6-7.10-13 ; ps 22 ; Eph 5, 8-14 ; Jn 9, 1-41
En présence des enfants en âge scolaire qui préparent le baptême, et 2e scrutin des adultes.

I – le Baptême nous obtient l’illumination

« Réveille-toi, ô toi qui dors, réveille-toi d’entre les morts et le Christ t’illuminera. » Cette parole-là est tout spécialement dite pour les catéchumènes qui préparent le baptême.

Parce que, quand on n’est pas baptisé, sous certains aspects, c’est un peu comme si on était mort, car il manque la relation la plus importante, celle avec Dieu ; et Dieu n’est pas content de cela, car Il veut établir une relation avec nous. Or nous, nous ne savons pas faire, c’est pourquoi lui-même Dieu intervient, agit, et dépose en nous Sa lumière.

Quand on n’est pas baptisé, on ressemble à une fenêtre dont les volets seraient fermés. Est-ce que la lumière passe si les volets sont fermés ? Non, la lumière ne passe pas. Par le baptême, les volets s’ouvrent, les portes s’ouvrent, et même les vitres sont nettoyées, toute la lumière passe ! C’est même encore mieux que cela, car cette fenêtre, c‘est celle de votre cœur et de votre âme, et elle ressemble plutôt à un beau vitrail : il y a donc une profusion de lumière qui transparaît. Toutes les couleurs de l’arc-en-ciel se déploient. Cette lumière deviendra visible quand vous choisirez d’aimer et vous laisser aimer.

II – Chaque jour veiller à notre ‘transparence’

Évidemment, quand on est baptisé, ce n’est pas tout à fait magique : il y a un combat à mener, il faut, tous les jours, choisir d’être ami de Dieu, il y a, tous les jours, à choisir de ne pas laisser s’accumuler de la poussière sur nos vitres bien propres ; parce qu’à force, c’est ce qu’on appelle le péché, la lumière risque de ne plus passer. Mais Dieu ne se satisfait pas de notre opacité et c’est pour cela qu’Il nous a fait le cadeau des sacrements : celui de l’Eucharistie et celui de la réconciliation : Quand on se confesse, Dieu renouvelle en nous la grâce du baptême et nous redonne la possibilité de laisser passer la lumière. C’est Jésus qui fait tout. Cet aveugle était aveugle, il ne voyait pas ; il pouvait entendre, il pouvait parler, on est bien d’accord. Cet aveugle est, sous certains aspects, comme mort, mais il n’est pas tout à fait mort quand même, et Jésus intervient.

Tout à l’heure, avec ceux qui préparent le baptême, nous disions que lorsqu’on reçoit le baptême, il y a comme une « nouvelle naissance ». C’est ce que montre Jésus : Il fait de la boue avec sa salive et la poussière du sol. C’était déjà arrivé une fois, lorsque Dieu a pris de la boue et a modelé un homme, c’était le jour de la Création. Et d’ailleurs, « Adam » signifie cela : « qui est fait de boue, qui est boueux, bouseux », c’est nous ! Jésus, en faisant de la boue à partir de la poussière du sol, nous recrée. Il nous donne une vie nouvelle, Il nous donne la possibilité de voir et d’être transparent à Sa lumière.

III – Entrer dans le combat de Dieu

Cet aveugle maintenant voit. Lorsque Jésus se présente à lui, Il lui demande « Crois-tu au Fils de l’homme ? » Il est prêt. Dans quelques instants, pour les plus grands, ceux qui vont être baptisés à Pâques, nous allons vivre le deuxième scrutin. Pendant le deuxième scrutin, il y a une prière d’exorcisme : on demande à Dieu d’écarter le Diable du cœur de nos catéchumènes. Et puis il doit y avoir l’onction d’huile des catéchumènes, cette huile qui leur est donnée comme un onguent, pour qu’ils puissent être de bons sportifs du Seigneur. Dans les temps anciens, les lutteurs se couvraient d’huile, cela déliait les muscles et leur permettait d’être difficilement ‘attrapables’. Nous allons oindre nos catéchumènes pour qu’ils puissent lutter en compagnie du Seigneur, entrer dans le combat de Dieu. Il s’agit de laisser passer la lumière, nous sommes faits pour cela : nous accomplissons notre vocation lorsque nous laissons passer la lumière.

Alors, demandons au Seigneur, même si nous avons été baptisés il y a longtemps, de nous passer à la grande eau, de nous libérer le cœur, pour que nous soyons véritablement Ses témoins, que nous soyons des artisans de paix, des porteurs de joie, des annonciateurs de la Bonne Nouvelle : nous sommes aimés, et Dieu ne nous abandonne jamais !