3e dimanche de TO A – Convertissez-vous ! et suivez-moi…

Homélie du 3e dimanche de TO A,
par l’abbé Gaël de Breuvand,
Is 8, 23b – 9, 3 ; ps 26 ; 1Co 1, 10-13.17 ; Mt 4, 12-23

I – La lumière nous est donné

Notre monde ne va pas très bien, je ne sais pas si vous vous en êtes rendu compte : c’est comme s’il était dans les ténèbres, comme s’il ne savait pas où se trouve le Bien et le Mal. C’est pourtant inscrit au cœur de chaque homme, mais vous le savez bien, nous sommes très forts pour mettre un gros mouchoir sur la perception du Bien et du Mal, afin de chercher en premier lieu ce qui nous fait plaisir : comment mettre la main sur l’autre, comment mettre la main sur les biens de l’autre, comment posséder, comment être puissant, comment être bien vu, comment être admiré… Cela nous donne une morale, un art de vivre qui repose sur la loi du plus fort.

Ce sont là les ténèbres dont parle le prophète Isaïe, cinq siècles avant J.-C. Et nous avons bien l’impression que ces ténèbres sont toujours là aujourd’hui… Et voilà que le prophète Isaïe annonce, cinq siècles avant Jésus, qu’une lumière va se lever. Et l’Évangile dévoile que cette lumière, c’est Jésus ! Lorsque l’on discute avec des gens qui ne croient pas en Dieu, ils nous disent qu’ils n’ont pas besoin de religion pour savoir où est le Bien et où est le Mal. Finalement, cette histoire de religion, elle nous complique la vie, il n’y a pas besoin de tout ça ! Je suis d’accord avec eux dans le fait qu’on n’a pas besoin d’avoir besoin de religion pour savoir où est le Bien et où est le Mal, parce que c’est inscrit au fond de nos cœurs. Mais, en réalité, nous avons besoin d’une lumière, d’un phare, d’une personne qui nous donne la direction. Parce qu’on est tellement forts pour fermer les yeux et nous perdre dans les ténèbres, alors que la lumière nous est donnée. Aujourd’hui, Alicia, en entrant au catéchuménat, et vous les enfants en route vers le baptême, vous choisissez de rechercher cette lumière. Jésus veut vous donner le chemin de la vraie joie et du vrai bonheur, car Il vous aime, Il m’aime moi aussi, Il nous aime, tous et chacun. Dieu nous aime, Il veut nous conduire sur le chemin du plus grand bonheur. Même quand on a choisi d’écouter la voix du Seigneur, vous le savez bien, ce n’est pas si facile d’être fidèle à notre engagement ! Nous avons besoin de nous replonger régulièrement dans cette Parole de Dieu, replonger dans l’Amour du Seigneur, pour pouvoir choisir, et choisir à nouveau d’aimer, et nous laisser aimer.

II – Suivre Jésus !

Aujourd’hui, vous l’avez entendu, Jésus marchait sur les bords du lac de Galilée, et Il appelle. « Appeler » en grec c’est le verbe « kaleo » qui a donné le mot « ecclésia » ; donc l’Église, c’est ceux qui sont appelés. Nous sommes appelés, tous et chacun, comme Pierre, comme André, Jean et Jacques et, comme ces quatre-là et tous les autres qui viennent après, il s’agit de se mettre à la suite du Christ. Il faut lâcher prise ! Eux, c’était leur filet, nous, ce sont bien d’autres choses… Peut-être même des choses qui sont bonnes, mais nous sommes invités à choisir le Christ en premier, parce que nous sommes baptisés, et que nous avons répondu à l’appel de Jésus. Aujourd’hui, il s’agit de choisir à nouveau de se laisser aimer, tels que nous sommes, alors que nous ne sommes pas bien brillants, il s’agit d’aimer à nouveau, de se rappeler qu’on est marié, qu’on a des enfants, des parents, des frères et sœurs, des voisins, tous ces gens-là qui sont envoyés par Dieu pour que nous les aimions.

III – Petites conversions en vue de la Conversion

Juste avant d’appeler les disciples, Jésus lance un cri, et c’est le premier mot de Jésus dans l’évangile : « Convertissez-vous, car le royaume des cieux est tout proche ». « Convertissez-vous », cela veut dire changer de direction. Ceux qui font du ski connaissent ce mouvement un peu douloureux pour changer de direction, et qui permet de tourner sur place. C’est douloureux de se convertir, car il s’agit de revoir nos priorités. Alors, évidemment, lorsqu’on évoque la conversion, on pense à quelque chose de complètement radical : un jour je ne pensais pas à Dieu, et demain, ça y est, j’y pense ! En réalité, vous le savez bien, nous sommes appelés à une conversion permanente ; tous les jours il faut que nous choisissions de nouveau. Je suis là, appelé pour aimer et pour être aimé : C’est la seule chose qui compte, et la seule chose que j’emmènerai au Paradis.

Concrètement, comment faire pour aimer un peu mieux, un peu plus ? En réalité, par nos propres forces, ce n’est pas possible, c’est pour cela que nous avons besoin de vivre notre relation au Christ. C’est pour cela que nous venons à la messe le dimanche, c’est pour cela que chaque jour nous prenons un petit nombre de minutes pour prier, cinq minutes dix minutes… Je vous l’ai dit, il y a 96 quarts d’heure dans une journée : donner un quart d’heure, c’est 1 % de notre temps. Pouvons-nous donner 1% de notre temps au Bon Dieu ? C’est peut-être là ce petit choix de conversion que nous pouvons faire. Cela peut être aussi de décider d’appeler sa maman que l’on n’a pas vue depuis longtemps ? Cela peut-être de lancer un rameau de la paix à sa sœur ou sa belle-sœur, si les relations sont compliquées.

Petite conversion, celle d’aujourd’hui qui permet de faire grandir l’amour là, ici et maintenant, qui permettrait d’accueillir cette lumière que Dieu nous donne, et qui pourrait faire que là, ici, aujourd’hui et maintenant notre monde aille un petit peu mieux !