Homélie du 22 mars 2026, 5e dimanche de Carême,
3e étape du baptême des enfants en âge scolaire.
par l’abbé Gaël de Breuvand
Nous venons d’entendre un texte, pendant à peu près quatre minutes : c’était un peu long, et, en même temps, c’est un très beau texte que la résurrection de Lazare. Vous saviez tout par cœur, vous connaissiez déjà cette histoire ?
Vous l’avez entendu : on dit à Jésus : ‘ton ami Lazare est malade’, et pourtant Il ne va pas le voir, alors que Jésus peut guérir les malades, on le sait. Mais Jésus ne va pas le voir, Il ne va pas le guérir, et une fois Lazare mort, Il dit qu’Il se réjouit de cela !
Pourquoi ? Parce que grâce à la mort de Lazare, votre foi va grandir, votre cœur va s’ouvrir, et c’est le plus important. Donc on voit Jésus qui vient rencontrer Lazare, Marthe, et Marie. On a entendu cette petite phrase de Thomas, « allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ». Les disciples sont courageux, ils savent qu’en allant à Béthanie, en allant voir Lazare, Jésus prend des risques, car beaucoup de monde ne Le supporte pas. Parce que Jésus fait du bien, Il annonce la Bonne Nouvelle ; mais quand on n’a pas le cœur ouvert, c’est difficile de la recevoir ! Ceux qui étaient à Ars avec moi, vous vous souvenez des Pharisiens : ils ne voulaient pas entendre parler de Jésus…
I – Jésus vainqueur de la mort physique
Nous avons plusieurs rencontres successives : la rencontre de Marthe et Jésus, celle entre Marie et Jésus ; et puis il y en a une troisième, c’est celle de Jésus avec Lazare. Dans les trois cas, dans ces trois moments, il y a une histoire de mort. La plus évidente, c’est évidemment celle de Lazare, qui est au tombeau depuis quatre jours déjà. De fait, il est vraiment mort. Et Jésus montre qu’Il est plus fort que la mort. « Lazare, viens dehors », dit-Il, et Lazare vient dehors. Nous aurions été impressionnés si nous avions été là… Il était mort, vraiment, et le voilà qui est vivant ! En vrai, c’est un peu dur pour Lazare, car la mort, oui, c’est triste pour ceux qui reste, mais pour lui, c’était le moment où il se préparait à rencontrer Dieu face à face, et il ne peut pas ! Il va falloir qu’il vive encore sur la terre… Et qu’il meure à nouveau, et ce n’est pas très confortable de mourir. Donc, s’il y en a un qui doit se plaindre dans ce texte, c’est peut-être Lazare : ‘Zut ! J’étais entré dans le repos pour voir Dieu toute le reste de mon existence, mais il va falloir que je vive encore un peu sur cette terre’.
C’était la rencontre avec Lazare, et Jésus est plus fort que la mort. On s’en souviendra, c’est important car, quelques jours plus tard, Jésus va mourir… Et que se passe-t-il quelques jours plus tard ? Il va ressusciter. Jésus est vraiment plus fort que la mort !
II – Jésus donne la vie
Avant cela, il y avait eu la rencontre avec Marthe. Vous souvenez-vous de la remarque de Marthe lorsqu’elle rencontre Jésus ? Marthe dit : « Si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » Marthe a confiance en Jésus, elle sait qu’Il peut guérir les malades, donc si Jésus avait été là quand Lazare était malade, il ne serait pas mort. Jésus lui dit : ‘tu sais pourtant que je suis plus fort que la mort ?’ Marthe pose un bel acte de foi « Oui, Seigneur, je crois ; je sais que Lazare ressuscitera au dernier jour ». ‘Je crois, Tu es le Fils de Dieu, Tu es Celui qui vient dans le monde, Tu es plus fort que la mort’. Elle le croit, et fait confiance à Jésus. Il faudra encore que cela travaille dans son cœur, mais, en soi, elle a posé un acte de foi. Elle qui avait le cœur un peu mort, quand Jésus est arrivé, son cœur est redevenu vivant, elle fait confiance. C’était la rencontre avec Marthe, il y avait un peu de mort dans sa vie, et voilà que Jésus lui a donné de poser un acte de foi, de confiance, et Marthe est vivante.
III – Jésus vainqueur de la mort spirituelle
Et puis, il y a Marie : vous souvenez-vous de ce qu’elle a dit lorsqu’elle a vu Jésus arriver ? « Maître, Jésus, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » C’est la même phrase que Marthe, mais quand Jésus entend cela, Il est saisi d’émotion, et Il est bouleversé. Pourquoi ? Avec Marthe, Il n’est pas saisi d’émotion, Il n’est pas bouleversé, alors qu’avec Marie, si. On pourrait se dire qu’Il est ému parce que Marie pleure, alors que Marthe ne pleurait pas, donc cela Le touche. Certainement qu’il y a quelque chose de vrai, car Jésus est ami avec nous, donc ce qui nous touche, cela Le touche. Mais il n’y a pas que cela, car, après cela, Marie ne dit plus rien. En fait, on peut penser que Marie est enfermée dans sa douleur. C’est dur, on connaît cette expérience. Vivre un deuil, cela peut être très violent et cela nous enferme. Mais, du coup, elle est tellement enfermée dans la douleur que cela l’empêche de vivre une belle relation avec Jésus. En fait, elle est tellement repliée sur elle-même qu’elle ne peut plus poser d’acte de foi, qu’elle ne peut plus aimer… Elle est ‘enfermée’, et Jésus pleure parce que c’est cela, la plus grande tristesse pour un homme. La mort physique, c’est triste, mais ce n’est pas grave ; la mort du cœur, c’est grave, et Jésus pleure.
Pour autant, Jésus est plus fort que la mort. En relevant son frère, en ressuscitant Lazare, Jésus va donner à Marie de pouvoir rouvrir son cœur, et c’est ce que l’on verra au chapitre prochain, la semaine prochaine. Lorsque Jésus va, à nouveau, rencontrer Lazare, Marie et Marthe, Marie sera là et posera un grand d’amour et de foi envers Jésus. Marie était morte dans son cœur, et Jésus va lui ressusciter son cœur.
Comment conclut-on ? Jésus est plus fort que la mort, Il est plus fort que la mort physique même s’Il nous laisse mourir… Nous mourrons tous, même si, un jour, nous ressusciterons, parce que, nous le savons, le Seigneur est venu, qu’Il a ressuscité Lazare, et qu’Il est ressuscité. Nous ressusciterons ! Mais, dès aujourd’hui, Jésus veut nous rendre vivants, Il veut ouvrir nos cœurs, Il veut que nos cœurs soient vraiment des lieux de vie. Et pour vivre, il n’y a pas de mystère, ce n’est pas une surprise : pour vivre, il faut aimer, c’est la seule chose qui compte, aimer et se laisser aimer, c’est cela la vraie vie !