2e dimanche de Carême – Rester sur la montagne ?

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Il y a bien des années, Dieu s’est adressé à Abram – à l’époque on ne dit pas Abraham, mais Abram – et lui dit : « Va, quitte ton pays, ta parenté, et la maison de ton père, et va là où Je te dirai. » Et vous, qui êtes en train de demander le baptême, c’est ce que Dieu est en train de vous dire. ‘Quitte ton pays, tes habitudes’ : Jésus/Dieu veut nous, vous, bousculer. Il veut que vous choisissiez d’être le plus heureux du monde.

On pourrait se dire que ce n’est pas compliqué de vouloir cela : nous voulons tous êtes le plus heureux du monde ! Quand Jésus nous demande si nous voulons être ses amis pour être heureux, on aurait tendance à répondre par l’affirmative. Mais, voilà, ce n’est pas toujours facile de suivre Dieu. Ce n’est pas si facile que d’être ami avec Jésus, ce n’est pas si facile que de vivre en chrétien. On le disait tout à l’heure, normalement un chrétien ne se met jamais en colère… Un humoriste disait il y a quelques années : « un intégriste chrétien, c’est quelqu’un qui se promène dans la rue et chaque fois qu’il rencontre quelqu’un il lui saute dessus en disant ‘je t’aime car tu es aimé de Dieu’ ». C’est ce à quoi nous sommes appelés… Je ne suis pas sûr que ce soit ce que nous faisons tout le temps… Hier, nous avons entendu la Parole de Jésus qui disait : « Aime ton ennemi. » On ne va pas se mentir, on n’a pas du tout envie d’aimer son ennemi, c’est justement celui que je ne veux pas aimer ! Jésus ne nous dit pas ‘si tu peux, ou si tu as envie ». Non, Il nous donne un commandement : aime ton ennemi. Quitter son pays, ses habitudes, ce n’est pas si facile, il faut se détourner de toutes nos habitudes, de mensonge, de colère, de péché, pour se tourner vers Dieu. Mais c’est trop dur pour nous, alors Jésus est venu. C’est pour cela que vous demandez le baptême.

Vous demandez le bonheur… Mais, seul, c’est un peu difficile, et je n’y arrive pas tout seul, ‘j’ai besoin de Ton aide, et je veux monter sur la montagne avec Toi pour Te rencontrer’. Vous l’avez entendu aujourd’hui, c’est le texte de la Transfiguration. Jésus monte sur une haute montagne et emmène avec Lui trois disciples, Pierre, Jean et Jacques. Et sur cette montagne, Il est transfiguré. Pourquoi ce moment ? Nous sommes à peu près au milieu de l’évangile. Dans le chapitre précédent, Jésus avait demandé à Ses disciples : « Pour vous, qui suis-Je ? » C’est une question qui n’est pas si facile. Qui est Jésus ? C’est quelqu’un qui veut être notre ami. C’est un prophète, car Il est rempli de la présence de Dieu. Jésus est un intercesseur, Il prie pour nous, Il veut nous emmener vers Dieu. C’est un serviteur, Il se met à notre service. Jésus c’est le Fils de Dieu. Qui est Jésus ? Pierre avait répondu : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Quand Pierre a dit ça, on peut penser qu’il était dépassé par les mots qu’il disait. Parce que, dire « Tu es le Christ », autrement dit le choisi de Dieu, l’Envoyé de Dieu, dire « Tu es le Fils du Dieu Vivant », c’est dire ‘Tu es Dieu au milieu de nous’.

C’est impensable, on ne sait pas dire que Dieu habite au milieu de nous ! D’ailleurs, Jésus lui avait dit : « Ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, c’est Mon Père qui a mis cela dans ton cœur. » Huit jours plus tard, Jésus emmène Ses disciples sur une haute montagne, et là ce qu’Il est apparaît aux yeux des disciples : ils voient une lumière qui n’existe nulle part sur la Terre. « Son visage devient brillant comme des soleils, Ses vêtements blancs comme la lumière. » C’est comme si Jésus, qui est un homme et qui a un corps, était devenu transparent à la lumière de Dieu. Et, du coup, Pierre, Jean et Jacques ont vu Dieu en Jésus. Ce qu’avait dit Pierre une semaine avant « Tu es le Fils de Dieu, le Fils du Dieu vivant » est comme démontré, prouvé. On l’entend, d’ailleurs. Pierre ne dit-il pas comme ils sont bien ? Est-ce qu’on ne pourrait pas installer trois tentes ? Pierre a envie de rester sur la montagne. Mais, en réalité, nous ne pouvons pas rester sur la montagne, pas encore. Un jour, nous resterons là-haut, mais, pour l’instant, il nous faut redescendre.

Nous sommes des témoins, quand on est chrétien, on est ami avec Jésus, et il faut le dire aux autres, parce que c’est bon d’être ami avec Jésus. Et les disciples vont redescendre de la montagne et vont pouvoir témoigner, dire ce qui est arrivé. On l’entendait dans la deuxième Lecture, saint Paul n’en peut plus ! En effet, il a une bonne nouvelle à nous dire : c’est que la mort est vaincue ! Jésus, Fils de Dieu, est mort et ressuscité. Et nous tous, oui, nous allons mourir, mais nous ressusciterons. La grâce de notre Sauveur s’est manifestée, Jésus a détruit la mort. Il a fait resplendir la vie et l’immortalité. Un jour, nous irons sur la montagne et nous y resterons.

Aujourd’hui, Jésus est venu planter Sa tente parmi nous. Quand on dit que Jésus est venu habiter parmi nous, quand on dit que le Verbe est venu habiter parmi nous – le mot grec, c’est « planter sa tente » – Il est venu camper, et quand nous venons à la messe, nous venons camper avec Lui, nous plantons notre tente avec Jésus. Il vient habiter, vivre au milieu de nous. Il nous conduit sur le chemin du vrai bonheur et de la vraie joie. Aujourd’hui, nous vivons la messe, Jésus se donne dans l’Eucharistie, Il veut nous donner Sa force et Sa joie que nous puissions vivre vraiment et aimer et nous laisser aimer. Il nous remplit de Sa joie et de Son amour que nous trouvions le chemin de la montagne, que nous y rencontrions Dieu, et  que nous restions avec Lui.